Du gratuit à la surenchère actuelle, les Droits TV ont fait du chemin
Depuis 1972, la Confédération africaine de football (Caf), propriétaire de la compétition, négocie la cession des droits globaux de retransmission radiotélévisée de la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations. De 1992 à 2000, ces droits ont fait l’objet d’un gré à gré entre l’entreprise de Jean-Claude Darmon (actuel Sport Five) et la CAF Confédération Africaine de Football.
En 2001, la CAF a cédé les droits globaux de retransmission radiotélévisée des phases finales 2002, 2004, 2006 et 2008 de la CAN ainsi que ceux de la Ligue des clubs champions de 2001 à 2008 à la firme Sport Five (ancien Jean-Claude Darmon). Sport Five les a rétrocédés à l’entité sud-africaine TV Africa (pour toute l’Afrique subsaharienne, à l’exception de l’Afrique du Sud, soit 44 pays), à la chaîne privée à péage ART du milliardaire saoudien Cheikh Salah (pour l’Afrique du Nord et le Moyen- Orient), à l’opérateur privé sud-africain M’NET (qui les confia à son tour en sous licence à la South African Broadcasting Company) et à la BBC. Également diffuseur de la Ligue des champions, TV Africa devait rempiler pour la CAN 2004, mais, le 1er octobre 2003, la société sud-africaine fut mise en liquidation. Avec TV Africa, les télévisions de l’Afrique subsaharienne devraient diffuser les matchs gratuitement contre le respect des plages publicitaires négociées par TV Africa. Mais, pour la Can 2004, suite à la faillite de TV Africa, LC2/ groupe AFNEX prend sa place à la suite de la démission de CFI . Pour pallier la défection de TV Africa, Sport Five a conclu, le 22 octobre 2003, un contrat avec LC2, à l’époque associée à la société de télécommunications Arcane, et lui céda, pour 8,5 millions d’euros, les droits de retransmission des éditions 2004, 2006 et 2008 de la CAN, ainsi que ceux de la Ligue des champions pour la même période. LC2 s’engagea à garantir la diffusion dans 44 pays subsahariens. Elle leur revendit les droits sous forme de contrats de sous licence en « s’octroyant une marge couvrant ses frais et développant ses activités ». Elle proposa un paquet de 32 matchs mais fixa ses tarifs à la fortune - réelle ou supposée - du client (300 millions de FCFA en moyenne). Et s’associa à Canal France International (CFI) pour la diffusion et le transport des images.
La particularité de la Can depuis 2006 est que, Christian Enock Lagnidé- homme d’affaires Président du Groupe LC2 Medias - spécialisée dans la production et la diffusion des images par voie hertzienne, le satellite ou Internet-, la LC2 TVNET Telecom et la gestion des droits sportifs et d’activités financières à travers LC2 Finance SA , ayant pris conscience de la bonne affaire qu’il avait sous la main a changé de stratégie de commercialisation.
C’est ainsi que pour rentabiliser son investissement, la société de l’ancien ministre des Sports béninois, Christian Lagnidé, a décidé de vendre ses images aux 44 pays africains concernés. Désormais, il faut payer, en plus de la diffusion gratuite de la pub. Mais, les prix doublent d’une édition à une autre. L’ancien diffuseur, le plus souvent, mettait gracieusement ses images à disposition des pays africains - hors Maghreb et Afrique du sud - en échange de simples contrats publicitaires. Et pour les éditions : 2010 à 2016, l’ensemble des droits marketing et média à été cédé au même groupe(Sport Five) pour des montants inavoués ce qui a créé des vives réactions.