Internet
Quand la presse en ligne fait du surplace !
Les promoteurs des journaux en ligne manquent encore d’agilité pour attirer lecteurs.
Les journaux en ligne peinent à sortir de l’ornière. C’est le constat que faisait Ingrid Alice Ngounou auteure de «Internet et la presse en ligne au Cameroun, naissance, évolution et usages» lors de la dédicace de son premier ouvrage en juillet 2010 à Yaoundé. Deux ans plus tard, les promoteurs n’ont pas toujours réussi à sortir des sentiers battus surtout pour ce qui est des journaux en ligne qui n’ont pas de version papier, l’auteure pose le constat d’un amateurisme de la part des promoteurs. Pour elle, «il faut que les promoteurs des sites d’information en ligne conçoivent au préalable leurs initiatives comme de véritables entreprises, avec notamment des plans business» argue-t-elle.
Cependant, l’auteure minimise également les effets de l’environnement général du secteur de la communication sociale au Cameroun, sur l’épanouissement de la presse en ligne. Toute fois, la «déterritorialisation» de la consommation sauve quelque peu les promoteurs de sites d’information, qui doivent satisfaire un public virtuel, souvent éloigné de la sphère géographique d’émission de cette presse. Pour sortir de ce carcan, Ingrid Alice Ngounou propose « l’adoption de grandes aptitudes managériales, mais aussi une possession plus complète des techniques du cyberjournalisme, qui, à l’image d’Internet, est assez récent au Cameroun ». Elle ajoute par ailleurs qu’«un site d’information bien conçu et bien géré attire forcément des internautes, et est donc susceptible d’attirer des annonceurs».
Loin de l’amateurisme de ces promoteurs, publier sur Internet regorge un certain nombre d’avantages : des coûts réduits, l’instantanéité, un réseau universel de points de vente, une offre de plus en plus ciblée, le multimédia avec possibilité d’interactivité entre l'auteur et le lecteur, la rapidité. Malgré une légère évolution d’environ 2%, le pays reste toujours au bas de l’échelle continentale. 7% environ. C’est le taux de pénétration de l’Internet au Cameroun en 2011. Ce taux est très loin du taux de pénétration de l’ordinateur qui est de 20%. Face à ce constat, la presse en ligne fait son petit trot avec l’accès limité au réseau, la faiblesse des connexions, la faible rentabilité, la faiblesse des ordinateurs utilisés, la précarité, le manque de moyens financiers et humain, la rareté des annonceurs, et le matériel désuet et inadapté, etc...
Puisse la lumière jaillir avec le travail de promotion et d’accessibilité mené en ce moment par les différents fournisseurs Internet.
Martial Ndzana Ndzié